Les dates

en décembre 2021

mardi 14
de 19 h 15 à 21 h 15
au lieu culturel, café & restaurant :  

Le MAZ'
1, Place Mazarin, 83000 TOULON
affiche Café Mortel Le Maz Jpeg.jpg

A l'issue du temps d'échanges, la soirée continue librement.
Chacun consomme ce qu'il désire et poursuit son bavardage jusqu'à la fermeture du bar ...

Café Mortel 

Toulon

Nous vivons dans une société où la question de la mort effraie et laisse souvent perplexe. Le café mortel propose un lieu de réflexion, un espace ouvert où l’on peut donner un sens au deuil et partager ses propres expériences. 
 
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Le principe des Cafés Mortels a été imaginé par le sociologue et ethnologue suisse Bernard Crettaz en 1999. Le modèle a dès lors donné lieu à de multiples déclinaisons dont les populaires Death Cafe nord-américains. Plusieurs règles restent communes : 

 

  • les réunions sont à but non-lucratif 

  • elles ne promeuvent aucune philosophie, religion ou point de vue politique 

  • elles n’ont pas d’objectifs thérapeutiques 

  • elles ne sont pas des groupes de soutien au deuil, (même si les personnes peuvent y trouver naturellement du réconfort).  

Coordonnées & Contact

 

Organisateur et modérateur

Serge Rampal

Tel : 06 28 08 54 53

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A quoi bon parler de la mort ?

 

Je disais plus haut que la mort nous menace … Peut-être peut-elle aussi nous aiguillonner, nous encourager à bien et mieux vivre. Mais pour cela il nous faudrait la regarder en face, oser poser des mots de vérité et renverser nos pactes de silences. Alors, la mort éclairée (gardant toutefois son éternel mystère) peut nous encourager à savourer nos vies limitées en lui donnant un sens renouvelé et en nous donnant à percevoir notre commune humanité, une communauté bien vivante, trinquant un verre à la main. 

Qui suis-je ?  Brèves confidences

 

Assumer la fonction de modérateur lors d’un Café Mortel ne nécessite pas d’être un thanatologue. Je partage avec vous la commune condition d’être humain et c’est bien suffisant pour écouter, contenir et échanger avec vous sur ce sujet. 

 

Toutefois, je peux dire un mot sur mon cheminement : j’ai accompagné dans leur formation des étudiants du champ sanitaire confrontés à de rudes situations existentielles, et mon actuelle activité de médiateur familial peut quelquefois concerner la mort des parents âgés, quelquefois aussi celle des enfants, avec son cortège de souffrances. 

 

Dans la dimension intime de ma vie il y a quelque chose qui a ici aussi sa place : je pratique une voie méditative japonaise, le Zen. Quèsaco ? Soutenir – en pleine-conscience – l’incessant « naître et mourir » de chaque instant, au travers d’une pratique d’assise sobre et dépouillée : Zazen. 

 

Enfin, j’ai eu à tenir la main de parents et amis au seuil de leurs vies. Ainsi façonné, je suis devenu récemment officiant funéraire (laïc). Je recueille la parole des endeuillés, rédige avec eux un hommage et honore la mémoire des défunts dans les crématoriums et les cimetières. J’ai perçu dans toutes ces circonstances combien le poids des silences fige et écrase lorsque la parole de vérité aspire à être dite et entendue. Aussi, voici mon simple souhait : honorer et soutenir l’expression de paroles vitales jusqu’alors « interdites », à la mesure de ce que chacun peut et veut en dire. Un Café Mortel est un très bon lieu pour mettre tout ça en lumière. 

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On vous explique

Qu’est-ce qu’un Café Mortel   ?

 

Dans un bistrot convivial, une éphémère communauté d’hommes et de femmes s’est donnée rendez-vous. Ils sont là pour prendre un café et bavarder en confiance. On se rencontre, on se découvre, on se retrouve. C’est chaud et accueillant. Ça rie, ça pleure, ça fuse et parfois ça reste silencieux, rien de bien sérieux ! On s’écoute, on se livre à cœur ouvert. Pas d’ordre du jour bien précis. On s’interdit tout jugement, et aucune vérité théorique n’est assénée d’en haut. D’un commun accord les personnes présentes ont décidé de parler vrai, d’aborder avec leurs tripes un sujet qui les intrigue, les a récemment chahuté, titille leur imaginaire ou bien hante leurs nuits. Alors la voilà, nommons l’innommable sujet : on y parle de la mort. « Ah oui ? Ben, je reprendrais bien un verre ! Et puis il me faut vous dire … »

Comment  ça  se  passe  un  Café  Mortel   ? 

 

Deux heures durant on accueille ce qui vient ; tout peut être dit et personne ici ne « fait la leçon ». Chacun peut témoigner ou rester silencieux, parler de la mort de ses proches mais aussi de la « fin de vie », parler des bricolages que nous avons mis en place pour gérer l’impossible, parler de l’idée qu’on se fait de notre propre mort … qui inévitablement un jour viendra. Ça inquiète ? Dédramatisons ! Si parler de grossesse n’a jamais mis une femme enceinte, parler de la mort n’a jamais tué personne. 

 

Toutefois, reconnaissons l’inconfort. Parler de la mort n’est pas chose aisée dans une société qui s’évertue à la dissimuler, l’éradiquer (s’il se pouvait). Ne rien en dire pour mieux se convaincre de notre toute-puissance ? Allons donc, voilà la mort masquée qui s’invite au bal. On la médicalise, on en délègue le traitement à des experts, on l’évacue du champ de nos vies, et nous en sommes étonnamment dévitalisés, nullement soulagés. 

 

Pourtant, il y a de la jubilation à enfin s’autoriser à dire le non-dit, et il y a du réconfort à réaliser qu’on est entendu. On n’est pas seul, d’autres ont aussi vécu de semblables expériences et leurs « bricolages funèbres » peuvent m’inspirer. Dans un Café Mortel il y a donc une bande de « rebelles » qui choisissent de partager leurs souffrances et leurs peurs, leurs petites victoires et leurs nobles échecs. Dans l’assemblée peut-être y aura-t-il des passagers clandestins intrigués ou d’autres encore qui ont envie de soutenir les participants par une présence silencieuse et bienveillante. C’est tout cela un Café Mortel ! Ce n’est toutefois pas un groupe de thérapie, ni de conseil, ni de coaching. Chacun est bienvenu tant qu’il reste dans le respect des paroles déposées et dans la responsabilité de ce qu’il souhaite en conscience dire ou ne pas dire. Et puis enfin, ce sont aussi des hommes et des femmes qui investissent et façonnent la Cité. Et ça, ce n’est pas rien !